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ALD exonérante ou non : ce détail médical qui change l’impôt sur vos indemnités

Élise Chazalon-Véronèse 9 min de lecture

Les indemnités journalières versées pendant un arrêt lié à une affection de longue durée ne sont pas traitées de la même façon par les impôts. Le point décisif n’est pas seulement l’ALD, mais sa nature : ALD exonérante ou ALD non exonérante. C’est cette distinction qui explique pourquoi certains montants n’apparaissent pas sur la déclaration de revenus, alors que d’autres sont préremplis comme revenus imposables.

ALD et impôts : la règle à retenir avant de déclarer

En matière fiscale, les indemnités journalières maladie sont en principe un revenu de remplacement. Elles peuvent donc être imposables. Une exception existe : les indemnités journalières liées à une ALD exonérante ne sont pas imposables.

Fiscalité des indemnités d’arrêt de travail : les règles, Découvrez le régime d’imposition applicable à vos indemnités journalières en cas d’arrêt maladie, d’accident du travail ou de maladie professionnelle.

Il ne suffit pas qu’un médecin ait reconnu une affection de longue durée ou qu’un protocole de soins soit en place. Pour l’impôt, il faut vérifier la nature de l’ALD et le lien entre l’arrêt de travail indemnisé et cette affection. Si l’arrêt est indemnisé au titre d’une ALD exonérante, les indemnités correspondantes sont exclues du revenu imposable. Si l’arrêt relève d’une ALD non exonérante ou d’une maladie sans exonération fiscale applicable, les indemnités restent imposables.

La déclaration préremplie reprend généralement les montants transmis à l’administration fiscale par l’Assurance Maladie ou, dans certains cas, par l’employeur. Il est donc possible de voir apparaître un montant alors même que l’on pensait que l’ALD suffisait à tout exonérer. La bonne question est simple : ces indemnités sont-elles liées à une ALD exonérante ?

ALD exonérante, ALD non exonérante : la différence qui change tout

Le terme ALD regroupe des situations différentes. Certaines affections ouvrent droit à une prise en charge à 100 % des soins en lien avec la maladie, dans les limites des tarifs de l’Assurance Maladie. C’est ce que l’on appelle couramment une ALD exonérante. D’autres affections peuvent être reconnues comme longues ou nécessiter un suivi prolongé, sans produire les mêmes effets fiscaux sur les indemnités journalières.

Quand les indemnités journalières ne sont pas imposables

Les indemnités journalières ne sont pas à déclarer lorsqu’elles sont versées pour un arrêt de travail en rapport avec une ALD exonérante. Dans ce cas, elles ne doivent pas être intégrées au revenu imposable, même si elles ont été versées pendant plusieurs mois. Le caractère prolongé de l’arrêt ne suffit pas à lui seul : c’est bien le rattachement médical et administratif à l’ALD exonérante qui compte.

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Cette règle explique pourquoi deux assurés ayant tous deux une affection chronique peuvent avoir un traitement fiscal différent. L’un peut percevoir des indemnités exonérées si son arrêt est lié à une ALD exonérante ; l’autre peut recevoir des indemnités imposables si son arrêt relève d’une ALD non exonérante ou d’un autre motif médical.

Quand les indemnités restent imposables

Les indemnités liées à une ALD non exonérante restent imposables. Elles sont alors traitées comme des indemnités journalières maladie classiques. Elles peuvent être transmises à l’administration fiscale et apparaître dans la déclaration préremplie, au même titre que d’autres revenus de remplacement.

Il faut aussi être attentif aux arrêts qui se succèdent. Une personne peut avoir une ALD exonérante pour une pathologie, mais être arrêtée pour un motif différent. Si l’arrêt indemnisé n’est pas en rapport avec l’ALD exonérante, l’exonération fiscale ne s’applique pas automatiquement.

Situation Traitement fiscal habituel Point à vérifier
Arrêt en rapport avec une ALD exonérante Indemnités journalières non imposables Lien entre l’arrêt et l’ALD exonérante
Arrêt lié à une ALD non exonérante Indemnités journalières imposables Montant transmis à l’administration fiscale
Arrêt maladie sans ALD exonérante Indemnités généralement imposables Présence sur le relevé fiscal
Subrogation par l’employeur Déclaration possible par l’employeur Bulletins de paie et relevé fiscal

Pourquoi une somme apparaît sur votre déclaration préremplie

Voir un montant d’indemnités journalières sur sa déclaration ne signifie pas forcément qu’il y a une erreur. La déclaration préremplie reprend les informations fiscales transmises pour l’année concernée. Si les indemnités sont imposables, elles peuvent donc apparaître automatiquement.

La date de mandatement compte plus que la date de l’arrêt

Un décalage fréquent vient de la date retenue. Pour la déclaration, c’est la date de mandatement des indemnités qui prime, et non uniquement la période de l’arrêt de travail. Un arrêt survenu en fin d’année mais payé au début de l’année suivante peut donc être rattaché fiscalement à l’année du paiement.

Ce mécanisme peut donner l’impression qu’une somme sort de nulle part, notamment si l’arrêt est ancien ou si les versements ont été régularisés tardivement. Avant de corriger la déclaration, il est utile de comparer les dates de paiement indiquées sur les relevés d’indemnités journalières avec la période retenue sur le relevé fiscal.

La subrogation peut déplacer le déclarant

En cas de subrogation, l’employeur maintient tout ou partie du salaire et perçoit directement les indemnités journalières de la CPAM. Dans cette configuration, les montants imposables peuvent être intégrés par l’employeur dans les revenus figurant sur les bulletins de paie et dans la déclaration préremplie.

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Il ne faut donc pas chercher uniquement du côté de la CPAM. Si vous avez bénéficié d’un maintien de salaire, vérifiez aussi vos bulletins de paie, les lignes de maintien, les éventuelles régularisations et le cumul net imposable. Le montant fiscal peut être cohérent même si vous n’avez pas reçu directement les indemnités sur votre compte bancaire.

Pour lire la situation correctement, il faut croiser trois éléments : la nature de l’arrêt, l’organisme qui a payé et la date réelle de mandatement. Si l’un de ces points manque, le montant déclaré peut sembler incohérent alors qu’il suit simplement la règle de transmission fiscale.

Montant perçu et montant déclaré : pourquoi ils peuvent différer

Un autre point surprend souvent les assurés : le montant déclaré peut sembler supérieur à ce qui a réellement été reçu. Là encore, ce n’est pas automatiquement une anomalie. Les indemnités journalières subissent des prélèvements sociaux au moment du paiement, puis un traitement fiscal spécifique au moment de la déclaration.

Lors du versement, les indemnités peuvent être réduites de 6,7 % de prélèvements sociaux. Ce pourcentage comprend notamment de la CSG et de la CRDS. Mais pour la déclaration fiscale, toute la CSG n’est pas déductible. Seule une part de 3,80 % de CSG déductible est prise en compte en déduction. La part de 2,40 % de CSG non déductible et la CRDS de 0,5 % ne réduisent pas le revenu imposable de la même manière.

Résultat : le montant fiscal transmis peut être différent du net effectivement perçu. Ce décalage est particulièrement visible lorsque l’on additionne les virements reçus sur son compte bancaire et qu’on les compare directement au relevé fiscal. Pour contrôler correctement, il faut distinguer :

  • le montant brut des indemnités journalières ;
  • les prélèvements sociaux appliqués lors du paiement ;
  • la part de CSG déductible retenue fiscalement ;
  • le montant imposable transmis à l’administration fiscale.

Si les indemnités sont exonérées parce qu’elles sont liées à une ALD exonérante, elles ne doivent pas être imposées. Mais si elles sont imposables, il est normal que le montant fiscal ne corresponde pas exactement au total net reçu sur le compte bancaire.

Vérifier son relevé fiscal et demander une correction

Le réflexe le plus fiable consiste à consulter le relevé fiscal de l’Assurance Maladie. Il est disponible depuis le compte ameli, généralement dans la rubrique Vos documents. Il peut aussi être envoyé par courrier selon les situations. Ce relevé indique les montants transmis pour la déclaration de revenus.

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Les documents à comparer

Pour vérifier votre situation, rassemblez le relevé fiscal, les relevés d’indemnités journalières et, en cas de subrogation, les bulletins de paie concernés. L’objectif n’est pas seulement de retrouver le même total, mais de comprendre la logique : qui a déclaré, pour quelle période, à quelle date de paiement et pour quelle nature d’arrêt.

En cas de changement de CPAM au cours de l’année, soyez également vigilant. Les prestations versées par plusieurs caisses peuvent ne pas apparaître de manière parfaitement intuitive sur un seul document. Il peut être nécessaire de consulter les relevés associés à chaque période ou de demander une vérification à la caisse concernée.

Que faire si le montant semble faux ?

Si vous pensez qu’une indemnité liée à une ALD exonérante a été déclarée comme imposable, ou si un montant vous paraît incohérent après vérification, contactez votre CPAM. Vous pouvez passer par l’espace d’échanges du compte ameli ou appeler le 36 46. Expliquez précisément votre demande : période de l’arrêt, nature de l’ALD, montant contesté et document concerné.

Si une erreur est confirmée, la CPAM pourra vous indiquer la marche à suivre et, le cas échéant, corriger ou compléter les informations fiscales transmises. De votre côté, conservez les justificatifs : relevé fiscal, relevés d’indemnités journalières, courriers, échanges avec la caisse et bulletins de paie. Ils seront utiles si vous devez ajuster votre déclaration ou répondre à une demande de l’administration fiscale.

En pratique, ne supprimez pas un montant prérempli sans contrôle préalable. Vérifiez d’abord si les indemnités sont imposables ou exonérées, identifiez l’organisme déclarant, puis demandez confirmation à la CPAM en cas de doute. C’est la manière la plus sûre d’éviter à la fois une imposition injustifiée et une correction fiscale ultérieure.

Élise Chazalon-Véronèse

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