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Oui, vous pouvez avoir deux PER, mais le plafond fiscal reste unique

Élise Chazalon-Véronèse 7 min de lecture
Peut on avoir 2 PER : plafond fiscal unique

Oui, vous pouvez détenir deux PER, voire davantage. Aucun plafond légal général ne limite le nombre de plans d’épargne retraite détenus par une même personne. En revanche, plusieurs contrats ne donnent pas droit à plusieurs avantages fiscaux : les versements volontaires restent soumis à un plafond de déduction commun. L’intérêt d’un second PER dépend donc surtout de ses frais, de ses supports et de votre situation professionnelle.

Deux PER ou plusieurs : ce que la détention permet réellement

Un épargnant peut ouvrir plusieurs PER individuels successivement et cumuler un PER individuel avec un ou plusieurs dispositifs d’entreprise. Cette situation apparaît souvent après plusieurs changements d’employeur : un ancien PER collectif peut rester ouvert, tandis qu’un nouveau PER est proposé dans la nouvelle entreprise.

Estimer l’effet des frais sur un PER

Contrat A Contrat B
Capital final
Frais totaux
Écart de performance : 0

Note : Estimation illustrative hors versements supplémentaires, fiscalité, frais d’entrée, frais d’arbitrage et variation réelle des supports.

Il faut distinguer la détention de plusieurs contrats de leur souscription simultanée. Dans la pratique, certains établissements demandent que le premier PER individuel soit activé avant d’examiner une nouvelle demande. Cette procédure interne ne remet pas en cause la possibilité de posséder plusieurs plans.

Type de PER Qui peut l’alimenter ? Situation courante de cumul
PER individuel L’épargnant, par des versements volontaires Deux contrats auprès de gestionnaires différents
PER collectif d’entreprise Salarié, employeur, intéressement, participation et abondement Conservé après un changement d’employeur
PER obligatoire Employeur et salarié concerné par le dispositif Ajouté à un PER individuel ou collectif

Le PER collectif et le PER obligatoire sont liés à l’entreprise, mais ils n’empêchent pas l’ouverture d’un PER individuel à titre personnel. Le premier peut permettre de profiter de l’épargne salariale et de l’abondement employeur. Le second offre le choix de l’établissement, du mode de gestion et du montant des versements.

Le plafond de déduction reste unique, même avec deux contrats

Avoir deux PER ne double pas le plafond de déduction fiscale. Les versements volontaires déductibles effectués sur l’ensemble des PER sont pris en compte dans une même enveloppe fiscale. Il ne faut donc pas alimenter deux contrats en pensant bénéficier de deux plafonds distincts.

PER : plafonds fiscaux, versements et transferts, Consultez les règles officielles sur la déduction fiscale, le plafond annuel, les versements et le transfert d’un plan d’épargne retraite individuel.

Répartir ses versements sans se tromper

Vous pouvez répartir vos versements entre plusieurs plans selon leurs caractéristiques. Par exemple, un PER individuel moins chargé en frais peut recevoir une partie de vos versements volontaires, tandis qu’un PER entreprise est conservé pour profiter de l’abondement. Pour la déduction fiscale, l’administration retient toutefois le total versé. Suivez donc le cumul annuel de vos versements déductibles, contrat par contrat.

Le plafond personnel disponible figure généralement sur l’avis d’impôt sur le revenu. Des plafonds non utilisés peuvent être reportables, mais cette possibilité ne crée pas une enveloppe supplémentaire liée à l’ouverture d’un deuxième PER. Les personnes mariées ou pacsées doivent aussi vérifier les règles applicables à leur imposition et, le cas échéant, à la mutualisation des plafonds.

Les versements non déductibles restent possibles

Un versement volontaire peut être réalisé sans demander de déduction à l’entrée. Cette option peut avoir un intérêt lorsque le plafond est déjà consommé ou lorsque l’économie d’impôt immédiate reste faible. Le choix doit rester cohérent avec la fiscalité envisagée à la sortie, en capital ou en rente. Le simple fait de posséder plusieurs contrats ne suffit pas à le justifier.

Quand un second PER apporte une vraie utilité

Deux PER peuvent être complémentaires si chacun remplit une fonction identifiable. Ouvrir un second contrat uniquement parce qu’il est disponible ajoute souvent des démarches et des frais. En revanche, un écart concret concernant les frais, les supports ou le mode de gestion peut justifier cette organisation.

Comparer un PER assurance et un PER bancaire

Un PER assurance peut notamment proposer un fonds en euros et des unités de compte. Il peut aussi répondre à un objectif de transmission grâce à la clause bénéficiaire. Un PER bancaire fonctionne davantage selon une logique de compte-titres, avec un univers de placements potentiellement différent. Les deux formats peuvent donc coexister si leur rôle est clairement défini.

La comparaison ne doit pas se limiter au rendement affiché. Examinez les frais d’entrée, les frais de gestion, les frais d’arbitrage, la diversité des supports, les modalités de gestion libre ou pilotée et les garanties éventuelles. Un contrat avec 2,5 % de frais d’entrée ne se juge pas de la même manière qu’une offre facturant 1 %, surtout sur un horizon de 20 ans.

Éviter les doublons dans l’allocation

Un second PER ne diversifie pas automatiquement votre épargne. Deux gestions pilotées peuvent investir dans des fonds semblables, avec une exposition comparable aux actions internationales, à la technologie ou à certaines zones géographiques. Avant d’ouvrir un nouveau contrat, relevez les principales catégories d’actifs de chaque PER et vérifiez leur répartition globale.

Cette vérification permet d’éviter une surexposition involontaire à un secteur ou à une zone géographique. Elle aide aussi à choisir un contrat principal pour vos versements volontaires et à conserver l’autre pour une fonction précise, comme l’abondement employeur ou l’accès à un fonds en euros.

  • Conservez un PER entreprise si l’abondement employeur est avantageux.
  • Ouvrez un second PER si ses frais ou ses supports répondent à un besoin absent du premier.
  • Choisissez un contrat principal pour piloter vos versements volontaires et votre allocation cible.
  • Centralisez vos encours dans un tableau de suivi ou un agrégateur de comptes.

Conserver, transférer ou regrouper ses anciens PER

Lorsqu’un ancien PER devient peu compétitif ou difficile à suivre, le transfert vers un autre PER peut simplifier la gestion. Il est notamment possible de transférer un PER individuel vers un autre PER individuel et, après un départ de l’entreprise, de demander le transfert d’un PER d’entreprise. Les anciens produits tels qu’un PERP, un Madelin ou un PERCO peuvent également, selon leur nature, être transférés vers un PER.

Le coût du transfert doit être comparé aux gains attendus

Les frais de transfert peuvent atteindre 1 % de l’encours lorsque le plan a moins de 5 ans. Après 5 ans de détention, le transfert est indiqué comme gratuit. Avant de lancer l’opération, comparez donc le coût immédiat avec les frais annuels que vous éviterez et les supports supplémentaires auxquels vous accéderez.

Un transfert payant peut rester rationnel si l’ancien contrat est durablement coûteux. Par exemple, des frais de transfert limités peuvent être compensés par une baisse des frais de gestion sur plusieurs années. Le calcul doit toutefois prendre en compte l’encours, l’ancienneté du plan, les supports disponibles et les éventuelles garanties perdues lors du changement.

Une décision simple en trois questions

  1. Le contrat apporte-t-il un avantage spécifique ? Abondement, fonds en euros, supports rares ou clause bénéficiaire peuvent justifier sa conservation.
  2. Les frais sont-ils cohérents avec le service rendu ? Vérifiez les frais récurrents, pas seulement les frais de transfert.
  3. Pouvez-vous suivre vos placements sans erreur ? Si les relevés, les bénéficiaires et l’allocation deviennent difficiles à gérer, le regroupement est souvent préférable.

La solution la plus équilibrée consiste souvent à conserver un PER entreprise utile et un PER individuel bien choisi, plutôt qu’à accumuler des contrats semblables. Deux PER sont autorisés, mais ils doivent répondre à des objectifs distincts et rester faciles à suivre. Le bon choix dépend donc moins du nombre de contrats que de leur complémentarité, de leurs frais et de l’allocation globale de votre épargne.

Élise Chazalon-Véronèse

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